Benjamin Clementine au Brussels Summer Festival

Benjamin Clementine au Brussels Summer Festival

Voici une soirée mémorable qui a eu lieu dans une salle de La Madeleine surchauffée. Seulement huit cent chanceux ont pu assister à la prestation époustouflante de Benjamin Clementine, tandis que les retardataires ont dû rebrousser chemin, faute de place.

On pourrait essayer de chroniquer ce concert du BSF en disant qu’il montait progressivement en puissance, que plus le temps passait, plus on se laissait happer par les soubresauts vocaux du chanteur, que tout était parfaitement maîtrisé, mais ça serait oublier ce qui fait la claque absolue: Benjamin Clementine est entier, d’une humanité bouleversante. Quand il chante, ce sont ses tripes qui prennent le dessus.

benjamin clementine brussels summer festival bsf (1)

C’est cette sincérité désarmante qui a pris le public tout entier, lui faisant faire des montagnes russes sentimentales. On a rarement vu foule si au diapason, qui intimait directement aux quelques électrons bavards de rabattre leur caquet par respect pour l’artiste. Il régnait un silence mystique. Benjamin Clementine, le messie, et nous, les disciples.

Le concert s’ouvre sur Cornerstone puis Mathematics, tous deux interprétés en solo, piano-voix d’une pureté déroutante. La voix oscille, bute sur les mots, chuchote, tremble, se lance dans des envolées bouillonnantes mais avec une apparente fluidité qui nous scotche.

Accompagné de ses acolytes, voici désormais l’heure de Quiver A Little, qui dévoile une grâce digne des plus déchirants gospels.

Les titres s’égrainent mais ne se ressemblent pas, d’un London qui donne la chair de poule à un Condoleance entêtant, de Churchill qui oscille entre murmures et blocs d’émotions non taillés à Adios, avec son contraste entre violoncelle lancinant et sonorités trip-hop façon balle de ping-pong qui rebondit.

Il est rare d’assister à un concert et de penser que quelque chose d’ultime est en train de se nouer, là, juste sous nos yeux. Parler d’éclosion d’un talent serait condescendant tant tout est déjà réel, juste et naturel, superbe et sans concession.

 

Ecrire une Réponse