Expo Dries Van Noten, la création enchanteresse

Expo Dries Van Noten ou la création enchanteresse

Quand Dries Van Noten fait l’objet d’une exposition aux Arts Décoratifs à Paris / au MoMu à Anvers (choisir votre version préférée), il ne faut absolument pas passer à côté.

Dépêchez-vous et allez voir cette merveilleuse exposition, l’une des plus belles que nous ayons pu contempler ces dernières années, pas moins.

La muséographie est tout simplement magique, avec les tenues magnifiquement mises en scènes, incluant jeux de miroirs, œuvres luxuriantes du botaniste féru d’ikebana Makoto Azuma, qui ont été spécialement conçues pour l’occasion, et enchevêtrement de tableaux et de vêtements.

L’approche, passionnante, nous plonge au cœur de la création des collections. Avec le culte que nous vouons à Dries Van Noten, nos attentes étaient déjà élevées et elles ont été surpassées.
 
Toute l’exposition baigne dans la grâce, et le spectateur découvre avec ravissement les associations entre les inspirations du couturier et ses réalisations. Il ne s’agit pas là d’une simple rétrospective mode, mais d’une descente dans l’imaginaire bouillonnant du créateur Anversois, qui nous prend par la main pour nous narrer tous ses voyages et histoires fabuleuses, en ayant l’intelligence, l’élégance ultime et la modestie de rendre hommage à ceux et celles qui l’ont influencé.
 
Son point de départ peut être abstrait ou littéral, ce qui lui importe, c’est le cheminement, ce que l’on brode autour d’une odeur, d’une couleur ou d’une peinture.
 
Nous débutons donc par la salle Fashion Chaos, d’où il émane une énergie propre aux 80’s, entre Bowie et les tenues Pirates de Vivienne Westwood et Malcom McLaren. Puis, nous passons à la salle Butterfly. Dans la collection hommes printemps-été 2000 de Dries Van Noten, on se réfère aussi bien à une robe du soir brodée de Schiaparelli de 1937, qu’à la gigantesque toile aux papillons Rapture de Damien Hirst ou encore à la Nature morte aux paniers de fleurs renversé de Johannes Bosschaert.
Tous ces éléments cohabitent avec une harmonie que nous n’aurions pas pu soupçonner…
 
Puis, quand il décline le Punk pour sa présentation Automne Hiver 2011-2012, il réveille aussi bien un tailleur bar de Dior, que la Vénus Bleue d’Yves Klein, en y intercalant audacieusement des extraits de Sueurs Froides et de Retour à Howards End.
L’amour du tailoring et de l’uniforme se fait également fil d’Ariane, où les créations se jouent d’un subtil mélange d’androgynie et de séduction, où les genres sont transcendés, et les corps autant cachés qu’esthétisés.
 
C’est cette “aura intemporelle entre apparence décontractée et détails précis” qui nous touche, de l’allure des ducs anglais aux conceptions de Cecil Beaton, du travail de Francis Alÿs au peintures de Michaël Borremans. A la lueur de ces inspirations foisonnantes, on comprend les pérégrinations du couturier et ce désir insatiable de conteur.
 
Ne manquez pas non plus les réinterprétations du vestiaire sport couture, avec ces corps qui se dépensent tout en délicatesse, comme dans un ballet de Pina Bausch, ou l’immense salle Garden, balayant aussi bien les thèmes à plumes (collection automne-hiver 13/14, très 30’s avec ses références explicites aux musicals de Fred Astaire), que le Summer Flower – où contrastent fantasme de luxuriance tropicale, pièces de métal irisé et drapés au tombé ahurissant.
 
Terminons enfin par des errances qui nous emportent de l’exubérance de Bollywood à la rigueur de l’Espagne de Balenciaga, de l’Orientalisme le plus délicat à la Wong Kar Wai au romantisme sombre anglais de la collection printemps-été 99, où s’entremêlent tempêtes marines, colliers de moules (et oui, ils sont à se damner) et extraits de la leçon de piano.
 
A la fin de cette exposition, ce qui est prodigieux, c’est l’harmonie qui s’en dégage. Malgré (ou grâce) à la multitude d’inspirations et de thèmes, la patte Dries Van Noten se fait encore plus forte. On ne peut que s’incliner devant son don insensé pour les associations d’imprimés, ses coupes qui mettent en valeurs les femmes qui les portent (oui, de vraies femmes, qui vivent, qui bougent, qui pensent, pas des bimbos écervelées), et cette capacité à unifier tous ses vagabondages avec subtilité et poésie.
 
Nous étions entrées admiratives du travail de Dries Van Noten, nous en ressortons bouche bée et définitivement amoureuses.
 

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