Il Trovatore – Opéra National d’Amsterdam

Il Trovatore – Opéra National d’Amsterdam

Il Trovatore par Alex Ollé, c’est une vision apocalyptique de l’opéra de Verdi. Nous sommes en Espagne, dans la région de Biscaye plus précisément mais nous nous croyons dans les tranchées de la première guerre mondiale. Militaire, gris, kaki. Comme un voile de fumée. Les deux ennemis, Manrico et le jeune comte de La Luna, ont des similitudes physiques qui laissent présager ce jeu de dupes, où les alliances familiales ne sont jamais ce qui se laisse paraître.

il trovatore

Le travail sur les costumes est là pour duper davantage le spectateur: sont-ils similaires, où se définissent les différences? Chacun veut séduire la charmante Leonora, mais les dés sont déjà jetés.
Les ombres des tombes, grands blocs massifs inspirés du mémorial de la Shoah à Berlin, glacent le sang et nous signalent qu’il n’y aura ni rédemption, ni fin joyeuse.

Le tableau est dressé, nous allons assister à deux heures de supercheries, la tension montant crescendo.

Plus les scènes s’égrainent, plus l’intrigue se resserre. On croirait une histoire de mœurs, mais elle est plus œdipienne que cela, plus sanglante aussi. Le fil directeur n’est pas la conquête des cœurs mais la vengeance sans limite, celle qui dévore de l’intérieur et ne fait pas de quartier. Quatre personnages seuls et qui ne reviennent jamais sur leurs pas. La mise en scène guerrière matérialise d’autant mieux cet esprit tandis que chaque récital s’apparente à une joute verbale au destin décisif. C’est l’opéra dans ce qu’il a de plus dramatique, entier et sans concession.

Il Trovatore – Opéra National d’Amsterdam

il trovatore 3 il trovatore2

Ecrire une Réponse