A découvrir: Une soirée aux Lokerse Feesten 

Continuons notre tour des festivals de Belgique… Après le Brussels Summer Festival, qui ravira les plus urbains d’entre vous, passons aux Lokerse Feesten pour les (aspirants) polyglottes.

Situées dans la ville de Lokeren, à mi distance entre Anvers et Gand, ces soirées ont pour atout une belle diversité, avec aussi bien de grands noms tel que Neil Young, Fat Boy Slim, ou Patti Smith, que des groupes francophones et néerlandophones. Rien de tel pour réviser sa linguistique dans la bonne humeur !
lokerse feesten 2014

Nous nous sommes rendus à la soirée d’ouverture, où se succédaient De Jeugd Van Tegenwoordig, The Opposites et Magnus. Débutons donc par ce dernier, nouveau projet de Tom Barman alias Monsieur dEUS alias le parrain du rock belge alias le charisme en personne.

Ici, sa musique prend des allures plus électroniques, et mélange allégrement les influences underground du new-wave et le parlé du slam. Pendant presque deux heures de concert, on se laisse emporter par tant de grâce, de verve et de sensualité.

Accompagné de C.J. Bolland, Tom Barman nous fait rentrer dans son monde sombre et fougueux, entre French Movies, balade électro-pop francophile (un statement en soi) au refrain entêtant, et Hunter / Collector, hybride techno-rap aux riffs disco malicieux.

 

 Singing Man, extrait du prochain album, Where Neon Goes To Die qui sortira en septembre, est une révélation. Véritable hommage aux 80’s, Depeche Mode et INXS en tête, ce superbe morceau bombastick alterne entre synthés graves et envolées lyriques planantes, le tout sur un rythme grisant.

Ne manquez d’ailleurs pas le clip, avec Thomas Smith (du groupe brit-folk fantasmagorique Editors), un de plus accomplis de l’année: Comme un lipdub incluant de micro séquences de tous les groupes cultes de notre adolescence, effet image d’archive. Le jeu, c’est d’en reconnaître le maximum (et de trouver le caméo de Tom Barman au milieu).

 Dans ce nouvel album, vous retrouverez également une collaboration avec les rappeurs de De Jeugd Van Tegenwoordig, qui étaient justement présents sur scène, le même soir.

Ces compères néerlandais sautillants n’aiment rien de plus que de débiter des paroles où chaque mot peut avoir un double sens, avec un faible pour tout le contenu hautement sexuel. Sur des airs de jeux vidéos façon Space Invaders, les trois leaders se répondent, alpaguent l’audience et se convertissent même en serveur de bière.

Ambiance festive, avec l’énergie qui monte petit à petit par exemple durant le morceau De Formule, où l’on atteint le point culminant avec une explosion de sons saturés et grésillants, comme un pétage de câble musical collectif.

 La gutturalité de l’accent néerlandais se prête particulièrement au hiphop, et il émane quelque chose d’étonnement fluide et harmonieux. Puis, ce qu’on aime chez nos voisins nordiques, c’est leur haut potentiel WTF, leur manière de ne pas se soucier des conventions, des modes, du bon goût établi, et leur plaisir à tout dynamiter pour créer une joyeuse nouba, De Jeugd Van Tegenwoordig en étant la preuve ultime.

Ce soir là, vous pouviez également voir le concert de The Opposites, sympathique duo lui aussi néerlandais, qui concocte un rap aux relents 90’s, dans lequel vient s’insérer du gabber, la techno un poil trash de Rotterdam. Si vous vouliez vous défouler, c’était l’idéal, mais nous continuons malgré tout à préférer la beauté mélancolique de Magnus.

Ecrire une Réponse

Festival de Dour
Vous aimerez aussi