Matisse, l’exposition à Amsterdam

Matisse, l’exposition à Amsterdam

Au Stedelijk Museum d’Amsterdam a eu lieu une superbe rétrospective consacrée à Matisse.

Ce qui était particulièrement rusé dans cette exposition, c’est qu’elle ne se contentait pas d’égrainer ses œuvres de manière chronologique, non, elle faisait appel à la curiosité du spectateur.

Pour tordre le cou à la fameuse citation de l’architecte néerlandais Rem Koolhaas “Fuck context”, ici, tout est remis en perspective.

Ainsi, dans les premières salles, on aborde des thèmes: portrait de femmes, nature morte dans laquelle l’oeil pourrait se perdre en scrutant les détails avec délectation, croquis, paysages du Sud où l’on sent le soleil rasant de fin d’après-midi nous réchauffer la peau.

Chaque œuvre s’entoure du travail d’autres artistes, soit de contemporains pour souligner l’importance de l’émulation d’une époque, soit de périodes différentes pour expliquer la filiation, tenter de percer les influences des uns sur la production des autres.

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Observez par exemple la Vue de Notre Dame, mise en scène à côté des lignes nettes de Mondrian, ou de lascives Odalisques (Deux Odalisques dont l’une dévetue, fond ornemental et damier)  qui pourraient entamer la conversation avec la Femme Nue Devant le Jardin de Picasso.

On ressent également un amour de la matière, du costume, surtout quand il est là pour magnifier l’idée que Matisse se fait du féminin. Pour paraphraser Philippe Sollers, Henri Matisse est celui qui reste dans “le décoratif sensuel, se transforme soi-même en femme attentive et maternelle, suit sa propre fille imaginaire dans ses ondulations de couleurs”.

Il n’y a qu’à s’attarder sur La Dame en Bleu ou La Blouse Roumaine pour apprécier le tombé d’une étoffe, la richesse de l’ornementation d’un plastron, la finesse d’une broderie ou le soyeux d’une tenture en velours pourpre. Ces toiles sont charnelles, sensuelles. Il n’est donc pas étonnant que Jacques Demy s’en soit si souvent inspiré pour ses décors de films.

Il est fascinant d’observer le basculement d’une peinture classique vers l’impressionnisme, le fauvisme, puis, d’assister au raffinement d’un style.

D’année en année, Matisse s’est séparé du superflu pour se concentrer sur la couleur, franche, intense, et les formes, sans concession. Plus de place pour les fioritures, son langage devient limpide. Les collages (ou gouaches découpées), à mesure qu’ils s’épurent, prennent des dimensions démesurées.

Ses éléments semblent flotter, danser avec grâce et légèreté. De La Perruche Et La Sirène au diptyque Polynésie, Le Ciel / Polynésie, La Mer, il y a de la magie qui surgit.

Françoise Gilot, artiste et écrivaine ayant côtoyé Matisse, eut ces justes mots à son égard: “Un homme debout, calme, amoureux de la vie”.

Voici donc ce qu’il a réussi à transmettre à travers son oeuvre.

 

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Stedelijk Museum
Museumplein 10 – Amsterdam
Pays-Bas

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