Mr Fogg’s Residence, Mayfair

Mr Fogg’s Residence

Londres est un lieu extra terrestre, une planète hors du commun qui est régie selon ses propres codes, son système unique. L’hyper centre en est l’exemple ultime avec ses quartiers opulents. Au niveau architectural tout semble faussement modeste: maisonnettes colorées, rues tourbillonnantes. Les superficies sont raisonnables mais le fait de pouvoir simplement résider à South Kensington ou Belgravia fait déjà la différence.

Il règne une atmosphère cosmopolite élitiste. Curzon Street est un repaire pour les égyptiens de la capitale (l’ambassade est à deux pas). Les restaurants orientaux sont là, ainsi que les bars à chichas où les jeunes hommes roulent les mécaniques, accompagnées de femmes trop sophistiquées ayant parfois abusé de chirurgie. A à peine quelques encablures de là, voici Moscou. Knightsbridge abrite l’hôtel Bulgari; un des plus chers de la capitale; ainsi que des appartements meublés avec concierge. En face, le Mari Vanna moscovite s’est dupliqué pour satisfaire les oligarques qui ont envahi la ville. On retrouve donc un flot de voitures rutilantes, noires aux vitres teintées. Jaguar; Rolls Royce, Bentley, et chauffeurs qui patientent calmement à l’intérieur.

A Mayfair, les bars s’animent le samedi soir. Selon l’adage pour vivre heureux vivons cachés. Il faudra néanmoins les mériter. Ici, on anticipe en réservant sa table, et si possible, on se met sur son 31. Est-ce la culture de l’uniforme mais les britanniques ont tendance à se parer de leur plus beaux atours de manière assez naturelle, sans tabou ni souci du qu’en dira t-on. Illustration chez Mister Fogg’s Residence, isolé juste ce qu’il faut pour avoir l’impression de faire parti des chanceux.

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Hommes en chemise bleu ciel ou blanche et veste cintrée. Costume trois pièce en tweed. Mocassins en cuir. Légère pointe de gel dans les cheveux. Demoiselles en robe fourreau. Fourrures aériennes. Robe à sequins scintillants portée comme s’il s’agissait de la tenue de glande du dimanche. Jupes courtes sans collants, peu importe la saison. Voici les anglais fidèles à leur réputation. Ceci étant, l’atmosphère n’est pas guindée pour autant. Les bars fermant à des heures raisonnables, cela incite à sortir plus tôt, boire plus et plus vite. Rentabiliser sa soirée, en somme. Ainsi les langues se délient vite, ça bavarde joyeusement. Au moment de sortir fumer, peu importe le smoking en velours, si une pluie diluvienne s’abat, ce sera « bloody fucking hell », bourgeoisie ou pas.

On se sent vite bien dans ce bar avec ses fauteuils chesterfield confortables qui appellent à la détente. Au mur, un mélange de parafernalia façon cabinet de curiosité. Cela va d’anciennes reproductions de chasse à courre à de la taxidermie; d’une collection de chapeau à des cages à oiseaux transformées en lustre. Les drapeaux flottent.

Les cocktails optent pour le revival vintage avec un accent mis sur le gin. Des boissons impressionnantes sont à partager, comme ce punch servi dans une mappemonde antique qui recèle les précieux breuvages en son cœur.

Le Royal Martini est l’idéal cocktail hivernal. Avec son sirop de porto, il sent les fruits secs et la prune confite, la chaleur des moments conviviaux. Le Picon équilibre avec une amertume, puis le cacao conclut avec son velouté légèrement astringent. Le Piste Lantern est moins particulier. Inspiré du Canada, il associe bourbon rincé au pop corn, sirop d’érable, zeste d’orange et Angostura. Il est trop dilué pour sentir les différents arômes, et à 13 pounds le verre, on s’attendait à beaucoup mieux. 

Plus d’infos:
Mr Frogg’s Residence
15 Bruton Lane
Mayfair
London

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