Omar Souleyman à l’AB

Omar Souleyman

Après une semaine de Brussels Lockdown, se rendre à l’AB pour assister à un concert était une expérience qui sortait de l’ordinaire. Chars et militaires à l’entrée, le fond de l’air a changé et on se surprend à devenir légèrement paranoïaque, regardant les issues de secours, se rassurant en se disant « nous allons voir un chanteur syrien, la situation est suffisamment sensible pour que tout soit bien encadré » et plein d’autres raisonnements quasi grotesques que l’on aurait aimé jamais n’avoir de notre vie .
omar souleyman
 
Mais heureusement, cet état d’esprit particulièrement flippant change très vite dès qu’Omar Souleyman fait son apparition. Acclamé tel un chanteur culte, il arrive avec son uniforme: longue tunique kaki et keffieh comme les bédouins, mais avec des lunettes de soleil vissées sur le nez. Le public donne de la voix pour l’accueillir chaleureusement, ce qui arrive rarement avant le début même de la performance. Mais ce soir, la foule de jeunes hipsters flamands – que l’on connaissait d’habitude plutôt réservée – a décidé de s’amuser. De quoi prendre une grande bouffée d’air frais.
 
Accompagné de son acolyte au synthétiseur qui sample le mijwiz, cette petite flûte du levant, Omar Souleyman égrène les titres de son dernier album. Avec un charme artisanal, le tandem décide au fur et à mesure quel titre interpréter. Pas de set prédeterminé ici. Souleyman joue autant le rôle de chanteur que d’animateur, avec sa gestuelle minimaliste mais efficace (taper doucement dans les mains ou hocher nonchalamment la tête). Et ça fonctionne, le public est au diapason, ça sautille sec à l’Ancienne Belgique.
 
IMG_1958
 
Après avoir acquis ses galons en chantant dans des centaines de mariage en Syrie, le voici donc désormais en train de faire chavirer les européens, qui découvrent les joies du dabke.
Cette danse traditionnelle signifie littéralement « taper du pied ». Et elle aurait pu en être un, de pied de nez aux intégristes, si Souleyman n’avait pas dû s’exiler en Turquie, son village étant situé en plein coeur du territoire sous l’emprise de Daech. En effet, le dabke existe aussi bien en Syrie qu’en Irak ou à la frontière turque – où l’on retrouve une adaptation kurde.
Mais maintenant, il faudra également compter sur les spectateurs belges ravis de monter sur scène et de faire quelques pas endiablés.
 
Si vous souhaitez répéter son titre le plus connu:

Vous plonger dans les archives:

Ou vous inspirer des chorégraphies:

Ecrire une Réponse

Takumi Bruxelles
Vous aimerez aussi