Moscou, la Place Rouge

Place Rouge, Moscou

Le GUM est le centre commercial on ne peut plus huppé, qui est illuminé comme si c’était encore Noël, et a vraiment de la superbe. Il donne sur la Place Rouge. L’ironie russe juxtapose les marques globales, de Louis Vuitton à Armani, et le mausolée de Lénine, qui doit passer son temps à s’y retourner.

Le voici donc, sous la forme d’une pyramide maya, en marbre. Le silence est de rigueur. On avance à petits pas, sous cette lumière tamisée. A chaque coin, des gardes, en uniformes, chapka visée sur la tête, regardant droit devant. Puis, l’instant ne dure que quelques secondes, Lénine est là. On ne s’arrête pas, on continue à marcher en tournant autour de son cercueil. Le décrire serait grotesque, on sent simplement le poids de l’histoire, où l’émotion peut vous prendre par surprise. L’expérience est d’autant plus marquante qu’elle est fugace, comme un mirage qui nous permettrait de sentir toute la beauté de l’âme russe sur nos épaules.

En sortant, voici un petit jardin de sculptures dédié aux leaders communistes. Retour au monde réel, Staline fait partie du lot, et là, il est par contre difficile d’acquiescer.

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Là, la Cathédrale Saint Basile est plus belle que dans nos rêves. On croirait des fantasmes d’enfants, des dessins oniriques pris au pied de la lettre et construits pour continuer à nous transporter. Coupoles toutes différentes, aussi bien en taille qu’en motifs, profusion de dorures et de couleurs, voici l’exaltation de l’âme russe faite église.

Le Kremlin, alias la forteresse, est le siège du gouvernement, mais pas que. Il abrite quelques superbes églises orthodoxes, dont les murs bordeaux sont recouverts d’icônes et de représentations bibliques. Intense, parfait contraste avec le protestantisme. L’Armurerie attire nombre de locaux venus contempler ce qui s’apparente à un trésor: services en porcelaine, artefacts, coupes en or, icônes à nouveau, toges brodées, armures et sabres, ou même carrosses. Dommage cependant que ces objets soient simplement disposés dans des vitrines, sans scénographie particulière.

A quelques encablures, le Bolshoi se dresse, majestueux et arrogant, avec ses colonnes doriques et ses chevaux cuivrés grandeur nature. Pas de demi mesure dans cette capitale. Les différentes stations de métro le prouvent une fois de plus. Prenez Komsomolskaya, qui relate l’histoire de la cité en mosaïques rouges et or, on y retrouve donc Saint Georges, patron de Moscou ainsi que Lénine. A contrario, à Novoslobodskaya, les vitraux fleuris orientalistes honorent les différents métiers, du géographe à l’agriculteur, de l’artiste à l’ouvrier, dans une grandeur très communiste.

A Ploshchad Revolyutsii, les sculptures en bronze se succèdent, représentant à nouveau les corps de métiers ainsi que les révolutionnaires. Toucher les genoux des hommes et la truffe des chiens porte bonheur, et ces parties là sont donc rutilantes, comme neuves.

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