Saint Petersbourg: flâneries en ville

Saint Petersbourg

Si Moscou est le ying, Saint Petersbourg est le yang. Face aux caractéristiques démesurées de la capitale, Leningrad montre un visage plus humain. Ici, les immeubles ses font plus bas, ils sont bien entretenus mais pas aussi lisses et rutilants. Les voitures ne sont pas systématiquement des véhicules neufs et luxueux, et les passages piétons existent.

La sensation de vrai faux dépaysement est troublante. D’un côté, les petites boutiques et gargotes se succèdent, le fond de l’air est frais, et quelques vendeurs de hot dog sont aux croisement. On se sent donc bien à l’est.

Mais de l’autre, l’éclectisme architectural donne l’impression de passer d’un studio de cinéma à l’autre. Ah, les bâtiments viennois. Oh, le bord de l’eau comme à Budapest. Tiens, ce bloc est hausmannien. Et là, des coupoles dorées, richement ornementées, ne serait-ce pas l’esprit romain réincarné?

Toute cette diversité est due au Tsar Pierre Legrand, qui, en 1703, décida de construire une nouvelle ville. En amoureux de l’Europe occidentale, il s’inspira grandement des ses voyages là bas pour créer sa nouvelle ville, loin de Moscou. Après des années de travaux, et l’interdiction de construire des édifices en pierre ou brique ailleurs que dans son monument projet, Saint Petersbourg était donc née.

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Voici donc la cité de la Nieva, fusion de l’est et de l’ouest, avec ses façades aux tons ocres, déclinant le jaune, le beige ou le sienne. Puis, par surprise, une maison de maître à colonnades, en bleu distant. Un regard de travers et voici un panorama sur une églises aux dômes bleu nocturne et recouverts de croix dorées. La scénographie dramatique qui fait du bien est à tous les coins de rue, et aussi sous la forme de bâtisses noir charbonneux, surmontées d’aigles, que l’on imaginerait être la matérialisation d’esprits maléfiques voldemortiens flottant sur la cité.

Après ces fantasmes cinématographiques, passons aux littéraires, avec une halte déjeuner chez l’Idiot (nab. Reki Moyki, 82), dostoievskien – ostalgique, avec sa décoration façon 19ème siècle et ses bustes léninistes. On y déguste une cuisine russe ultra simple. Vous lisez gratin de pommes de terre aux oignons, vous aurez des pommes de terre aux oignons. Pas d’aneth, pas de petits légumes cachés. Une vraie pureté, un tendance à la fadeur, qui devrait cesser d’être vue comme un méfait, car c’est grâce à elle que la répétition est appréciable et que la lassitude ne s’installe pas (a contrario, imaginez manger un double cheeseburger supplément bacon et sauce barbecue midi et soir, et vous comprendrez vite que pour des saveurs prononcées, la modération – relative – est la clé du plaisir gustatif).

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