Sanqingshan, des paysages à couper le souffle

Sanqingshan

Vous rêviez de paysages chinois sortis tout droit de gravures anciennes, mais sans des hordes de touristes? Sanqingshan est fait pour vous, mais attention, la halte se mérite.

Première étape, de Shanghai, prendre un TGV jusque Yushan South. Deux heures trente de trajet, facile. Ensuite, un lift express en taxi de la gare tgv à la gare de bus. Puis, à la gare de bus, ne reste qu’à espérer qu’un départ se profile – 15 y pp-, sinon vous devrez prendre votre mal en patience. Une fois à Sanqingshan, il y a une impression de flottement, d’entre deux.

Ce petit village (pour des standards locaux) est en train de se remplir d’hôtels, mais pour l’instant, pas un touriste à l’horizon. Cela a du charme, ça ne va pas durer, sachant que l’Unesco a classé le parc adjacent Patrimoine Mondial.

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Là où le bat blesse, sans préparation, c’est qu’aucun distributeur n’accepte les cartes internationales. Le plus proche est à 1h30 de route. Vous comptiez payer en carte à l’hôtel, impossible aussi.

Sachant qu’au niveau des dépenses fixes, il faut compter 150y pour l’entrée du parc, 130y pour le téléphérique (les randos au sommet sont déjà très raides, libre à vous de vouloir ajouter 3 heures supplémentaires, mais nous préférions garder notre énergie pour les sentiers, pas juste pour un escalier pentu et rectiligne). Pensez à la caution que demandent certains hotels (jusque 500y, même si nous avons négocié à 130y).  

Tout cela n’est bien sûr pas insurmontable si vous êtes au courant et que vous pouvez anticiper. Sinon, voici le plan B des loosers heureux: passer d’un hotel sympa à une pension cheap, oublier le restaurant ou même la gargote de rue et opter pour des cups de nouilles, mendier de l’eau bouillante pour les réhydrater et avoir votre diner. Petit déjeuner, répéter. Monter les escaliers sans téléphérique. Rester une nuit sur place au lieu de deux, se lever à 6h du matin le lendemain pour être sur d’avoir le temps de faire les randonnées, monter les escaliers, et revenir à l’heure pour le taxi.

Car oui, si vous n’avez plus de sou, oubliez le bus, aussi bon marché qu’il soit, car on paie en y montant.  

Après ces fausses tracasseries (qui, soyons honnêtes, sont le sel du voyageur), est-ce que tout ça en vaut la peine? Mille fois oui, parole de citadine normalement difficile à satisfaire niveau randonnée.

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Le cable car est vertigineux, ce qui nous vaut des fausses frayeurs partagées avec nos compagnons de cabine. Plusieurs sentiers permettent de faire le tour des trois montagnes sacrées. La première petite heure est oubliable: beaucoup de monde, des guides à mégaphone et des marches escarpées vous feraient presque oublier le paysage. Mais une fois arrivé à la jonction des différents sentiers, comme un miracle, toute cette foule se volatilise et vous avez le reste du parc presque pour vous seul.

Il n’y a pas un seul occidental dans le parc. Du coup; de temps en temps, vous croiserez des adolescentes voulant vous prendre en photo – surtout si vous êtes un homme grand, à bouclettes et yeux bleus, chance de réussite 100%. Apprenez quelques mots de chinois et vous verrez les locaux ravis, avec des réactions presque surprenantes:
Touriste: – Nihao
Jeune demoiselle locale: – Hiiiii (petit cri strident)

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Niveau ambiance, le compte est bon. Et devant ces paysages en granite, comment ne pas rester sans voix? Ce panorama est tellement sculptural, entre les pins et les bambous qui poussent à contre sens. Les pitons rocheux sont décrits avec lyrisme. Un caillou? Non un roi singe qui dévoile son trésor, voyons. Le sentier semble flotter autour de la montagne (mais comment ont-ils fait pour installer ça, là?), puis au détour d’un chemin, il apparaît. Là, un temple caché dans une cuvette, entouré de petits étangs.  

Tout est à la fois romantique, majestueux, zen, bombastic.  

Au musée central de Shanghai, une estampe dépeint un homme observant la pleine lune, avec son serviteur jouant du luth. La scène aurait pu se produire au milieu de ce paysage. L’espace que quelques instants on se plait à s’imaginer en quipao en soie brodé, air mélancolique, méditant à propos de la beauté de la nature et des saisons.

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