Tallinn: une soirée dans un banya

Tallinn: une soirée dans un Banya

Le banya, c’est le complexe qui associe le sauna à un bassin froid ainsi qu’à des bains douches. On le retrouve principalement en Russie, certes, mais la culture touche également les voisins les plus proches.
Le nom varie donc en fonction de la clientèle: pirts pour les lettons, banya pour les russophones. sauna pour les finlandais. La base est bien sûr la même, une pièce boisée chauffée à sec, mais les rituels varient d’une culture à l’autre.

Illustration avec l’institution de Tallinn, le Kalma Saun (visité par 95% de russes, d’où le choix arbitraire de l’appeler aussi banya).

banya

Oubliez les spas et autres instituts de l’Europe de l’Ouest, réservés aux événements spéciaux. Ici, le banya fait partie de la vie de tous les jours. Côté femmes, on entre par les vestiaires, avec ces grands casiers beige saumon et des bassines en plastiques jaunes ou bleues. On se déshabille pour arriver dans la seconde pièce, la douche commune.

Tout y est carrelé, beige marbré au sol, blanc au mur. On est loin de l’ambiance hammam où ça papote, dans un banya, le silence est d’or. Chaque femme fait tranquillement sa toilette et ses gestes intimes sans se soucier des autres voisines: masque à la boue sur tout le corps, épilation ou encore râpage des pieds. En y arrivant seule, on met un peu de temps à trouver ses marques. Il s’agit d’observer chaque personne afin de voir quels sont les gestes à faire (laisse t-on sa serviette hors du sauna? doit-on plutôt se rincer ou se laver?).

Ensuite, l’idée est d’alterner effet revigorant de l’eau froide et chaleur du sauna. Chacune a son bonnet, entre béret en feutrine, chapeau d’explorateur en toile de jute ou fichu noué sur la tête. Les claquettes sont de rigueur, ainsi que le petit siège spécial, planchette carrée en bois ou en plastique.

La température dépasse les 85° et l’on entend seulement les longues expirations. Certaines adeptes viennent avec des branches de bouleau. Il suffit d’y plonger le visage, de humer et d’inspirer fortement pendant la session à transpirer. Il s’agit ensuite de se fouetter légèrement le dos ou le torse avec, le bouleau étant réputé pour ses propriétés purifiantes et détoxifiantes.

Chacune reste entre 5 et 15 minutes dans le sauna, puis prend une douche froide, boit beaucoup d’eau, retourne au sauna, et poursuit ce rituel pendant deux à trois heures.
La variété des corps impressionne, des plus fluets aux plus corpulents, mais toujours toniques – c’est un des effets secondaires du banya. Puis surtout, ce silence, que personne ne brise.

Après une soirée au Kalma Saun, on se sent reconnecté, fatigué mais de manière saine, agréable. Comme dans une douce torpeur.
Tandis que chez les hommes (pour qui l’entrée coûte plus cher), ça bavasse, ça parle fort. Il s’agit plus d’être ensemble que de se pomponner. Les poulets rôtis, maquereaux en tranches et autres saucisses dégustées à mains nues en sont la preuve ultime. Dans ce banya là, la bière est de rigueur, mais nous parions que vous l’auriez deviné.

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Kalma Saun
Vana-Kalamaja 9
Tallinnbanya (3)

 

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