Train Moscou Saint Petersbourg

Train Moscou Saint Petersbourg

Le train Moscou Saint Petersbourg est la manière la plus aisée de relier les deux villes. Mais il faut d’abord trouver la bonne gare. En effet, sur les billets, il est indiqué « départ de Oktyabrskaya ». Sachant que cette dernière est une station de métro au sud de la ville. Mais en réalité, les trains partent de Leningradski Vokzal – station Leningrad, de l’ancien nom de Saint Petersbourg – gare située dans un tout autre district.

Une fois cette confusion résolue, ne reste qu’à profiter. La nouvelle ligne de train à grande vitesse a la réputation d’avoir été construite sur la demande de Poutine, ancien maire de Saint Petersbourg, résidant désormais au Kremlin moscovite. On pourrait reprocher ce mélange des genres, où l’intérêt personnel vient se mêler du bien public, mais en même temps, il ne vient pas de Vorkuta ou d’un autre village isolé de Sibérie. Il y a donc une certaine cohérence à connecter rapidement les deux métropoles les plus importantes et les plus peuplées de Russie.

train moscou saint petersbourg

On sait tous que la promotion touristique est un des nerfs de la communication politique, et dans le Sapsan, elle est réalisée avec intelligence. Au niveau des aménagements intérieurs, tout est parfait: sièges larges, propreté immaculée, films, musiques et jeux en ligne gratuits, service de boissons et snacks sans devoir se déplacer jusqu’au wagon-bar, vestiaires dans chaque wagon, wifi gratuit, larges fenêtres, et qui sont aussi propres qu’un sou neuf.

Tout ce qu’il faut pour un voyage confortable. En comparaison, nombre de pays d’Europe de l’Ouest sont vraiment en retard au niveau ferroviaire. Quand la France pense encore que le wifi est un luxe qui mérite qu’on paye un supplément (et qui, ne fonctionne de toutes façons quasi jamais dans le Thalys), quand la Belgique entame une phase de test dans deux wagons de première classe, ou met X années à lancer un projet de RER, voici donc la Russie, anciennement dépeinte comme un pays de bolcheviques, les couteaux entre les dents, qui nous bat à plates coutures dans le développement de ses infrastructures.

Dans le magazine, on relate les dernières expositions, et quelques récits de city trips. Et c’est là que, subtilement, des messages s’immiscent. Voici un dossier sur Yalta, ses plages, ses hôtels de luxe. Où l’on ne précise pas que cette station balnéaire ukrainienne est occupée par les russes. Où l’on ne nomme pas le pays Ukraine. Pas de matraquage « ceci est à nous » mais des omissions qui en disent long. 

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